La rentrée

J’aime la rentrée de septembre. Je ne vois pas d’intérêt à vivre dans le regret des vacances, des mers scintillantes et des ciels étoilés. J’aime partir et j’aime revenir. Retrouver ma ville, mon quotidien, mes projets et mes amis. La rentrée littéraire m’enchante – pour la première fois, j’y prends un rôle actif. J’achète des livres que je range en pile – je ne les lirai pas tout de suite – , je note les expositions, les pièces de théâtre et les prochains films. L’automne culturel et l’hiver gourmand, je plonge dans Paris bouillonnant. Je suis dans mon élément.

Nous quittons l’été et déjà la fin d’année se dessine. Je fais le bilan. Dans l’année, trois périodes sont propices aux remises en question : septembre, janvier et mai – comme Daniel Darc, je suis le printemps. Depuis le temps, je sais où je vais. Je suis à un point A, je vais à un point B. Mais ce dimanche, alors que je faisais le bilan des semaines passées, j’ai eu une révélation.

Je ne me félicite jamais. Je regarde devant, jamais derrière. J’ai cinq kilos à perdre – et je ne me dis pas que j’en ai déjà perdu deux. Je cours après des to-do lists, des calendriers et des plannings. Je m’épuise. Connaître ses objectifs de vie est à mon sens une nécessité, mais la méthode jusqu’ici choisie génère perte d’énergie et insatisfaction permanente. Dimanche, j’ai changé d’approche. J’ai repris la liste de mes désirs – je les connais par cœur – et pour chacun d’entre eux, je me suis dit : qu’as-tu déjà accompli ? La satisfaction était autrement plus grande. J’étais fière de moi. J’étais vivante.

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