Voyage au pays des mélancoliques habitudes

Depuis deux jours, j’oublie d’écouter la Matinale de France Inter et de lire les journaux. Je suis moins connectée à mes messageries professionnelles et supprime les notifications sans les ouvrir. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite mais au bout de quarante-huit heures, j’étais moins sensible à l’actualité. Pour tester ma résistance, je suis retournée sur un site d’information. Tiens, les cas de coronavirus ont encore augmenté en France. Ah. J’ai quitté le site. Et si j’écoutais Belle and Sebastian plutôt ? Les sirènes de la paranoïa ne passeront pas par moi.

Perdue dans la voix de miel de Stuart Murdoch, je retrouvais l’Ecosse, les briques rouge sombre et les églises en ruine, les ruisseaux et les prairies éclatantes, les sourires des Écossais et leurs chevelures de feu, la cornemuse. Au son de la musique rétro, j’ai traversé l’Atlantique et j’ai voyagé encore plus loin, dans la Californie des années 60 et dans mon salon, même le chat tapait la mesure. J’était entourée d’une jeunesse aux cheveux longs, les couronnes de fleurs sur leurs fronts, qui tanguait au rythme des guitares sèches autour d’un feu de camp. J’étais partie dans un monde sans épidémie et sans fake news, le plaisir de se faire peur n’existait pas, il n’y avait ni pluie tiède, ni ciel pisseux, ni fatigue, ni corps fripé, seulement les jolies mélodies du collectif. Derrière la fenêtre, la grisaille parisienne s’illumina d’un rayon de soleil avant une ultime attaque des nuages.

J’étais bien.

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