Les (bonnes) réponses de l’Univers
Dans le relais de chasse des Apennins où je me suis réfugiée pour les fêtes, la soirée du premier janvier, P. tire les cartes.
Tre di spade : pentimento. Pour moi, cette année, la pénitence. Une carte que l’on préfère généralement laisser de côté. C’est précisément face à de telles prédictions que je suis heureuse de ne pas croire aux oracles.
P. devine des préoccupations, des doutes et des tensions. Rien de très joyeux, à priori.
« Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises cartes, Aurelia. La pénitence t’invite à prendre des décisions claires et irrévocables afin de retrouver ton équilibre. Quelles sont les décisions les plus difficiles que tu sais devoir prendre et que tu ne prends pas ? Cette année, tu vas devoir faire des choix. Et n’oublie pas : chaque problème a sa solution et ce n’est ni en pensant ni en écoutant les avis de son entourage qu’on la trouve mais en écoutant sa voix intérieure. » Débrouille-toi avec ça.
Le lendemain, j’expliquai à G. l’ennui qui m’avait submergée en 2024. « J’ai besoin de nouveauté, de changement et d’aventure. En 2025, je reprends les voyages. »
Le jour suivant, mon vol pour Paris était annulé. Je me trouvais dans l’obligation de passer une nuit supplémentaire à Bologne et j’échangeais un vol direct contre deux via Amsterdam. Je n’ai pas trouvé le sommeil ; je m’inquiétais. Le vol partirait-t-il à l’heure de Bologne ? Allais-je réussir à attraper le vol pour Paris ? Le transfert était si court. Et que faire si je le ratais ? Comment rentrer ? Ma valise réussirait-elle à me suivre ? Pourquoi mon retour était-il si compliqué ? Tre du spade. Je repensais à la carte que j’avais tirée.
Le lendemain matin, je descendais dans la cuisine rejoindre G. Elle préparait le café. « Tu vois, me dit-elle ravie, l’Univers t’a écoutée. Tu voulais voyager, il t’envoie à Amsterdam. »
Légende photo : Autoportrait, décembre 2024 – © Aurelia Gantier
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