Réminiscence
J’aime le mercredi.
J’avais vingt-neuf ans et je commençais une thérapie. Tous les mercredis matin, je sortais de la séance purifiée de mes lourdeurs psychiques et je me disais, ça y est, un nouveau jour, une nouvelle Aurelia, à partir d’aujourd’hui tout va bien se passer, tout va se dérouler comme je l’ai toujours souhaité. Bien sûr, l’état d’apesanteur ne durait pas et je retournais bien vite à l’amère réalité des entraves et des fantômes – il le fallait bien pour retrouver chaque mercredi ce petit quart d’heure de bonheur pur. Je passais la porte cochère qui me propulsait dans la lumière et je me disais, ça y est, c’est aujourd’hui, ce n’est pas arrivé la semaine dernière mais c’est aujourd’hui que cela se passe, je remontais le Faubourg-Saint-Honoré, souriante comme un benêt, un nouveau jour, une nouvelle Aurelia. Depuis, j’aime le mercredi.
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