Confidences pour confidences

Je l’imaginais mariée à Edouard Baer ; elle a fini avec un malotru dans un appartement de banlieue. Celle-ci ne pouvait devenir que conservatrice de musée ; elle est maintenant directrice marketing d’une foncière. Et celle-là encore : elle voulait devenir cantatrice, elle est agent immobilier. Ou cette amie de l’université, une pianiste si accomplie qu’elle ne pouvait se marier qu’à la musique ; mais aujourd’hui, entre l’entretien de la maison, le mari et les enfants, elle ne joue plus depuis longtemps. Sont-elles tristes de leurs rêves perdus ou le principe de réalité s’est-il imposé dans la sérénité ?

J’ai essayé de trouver d’autres exemples plus encourageants, c’était compliqué. En dehors des mères de famille nées, peu de femmes avaient transcendé leur rêve. J’ai pensé à G. sur sa montagne, avec sa cheminée et ses chats, son métier créatif et pédagogique, son jeune amant. C’était donc possible. Mais tout de même : pourquoi était-il si compliqué pour une femme de concilier vie de famille, vie amoureuse, épanouissement professionnel et ambition personnelle ? Comment accepter d’abandonner ses rêves ? Était-ce la raison pour laquelle je n’avais pas d’enfants, pour ne pas voir la lueur s’éteindre au fond de leur regard ?

Et puis il y avait ce film, « Confidences pour confidences ». En 1979, j’avais sept ans mais j’en ai gardé un souvenir prégnant ; surtout de la blonde que tout le monde promettait à un bel avenir et qui finissait dépressive dans une chambre de bonne, flouée par son mari qu’elle imaginait riche parce qu’il conduisait des voitures de luxe et qui se révélait chauffeur-menteur. Le film finissait sur la rencontre de l’autre sœur, la brune – je ne me souvenais pas de la troisième – avec son ex, rencontre qui entérinait la fin d’un amour et d’une époque. C’était d’un déprimant. Pendant des années, ce film m’a obsédée. Après ces réflexions un peu tristes, j’ai cherché à le revoir mais je ne l’ai pas trouvé : le streaming n’est pas encore passé par Pascal Thomas.

« Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte. » Sigmund Freud

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