Collage : Ma Loute de Bruno Dumont & drapeau français, janvier 2026
L’anarchiste de gauche, 100% hors-système, qui ne travaille pas – les grands-parents se sont suffisamment esquintés pour qu’il ne travaille pas –, soutien de canapé des Gilets jaunes mais domicilié en Belgique – optimisation fiscale oblige –, hors-système tout de même, bien que sa fille soit à l’école publique française, grâce à tes impôts, mais pas grâce aux siens, si tu suis bien.
Le Parisien d’extrême gauche, qui m’explique que depuis que les juifs font ce qu’ils font à Gaza, il est antisémite. « Les juifs… le gouvernement israélien, tu veux dire ? – Non, les juifs. Netanyahou, Israël, les juifs, les Israéliens, tout pareil. – Donc Macron, la France, les Français, tout pareil ; les musulmans de France et d’Afghanistan, les musulmans modérés et les extrémistes, les Talibans et les terrorismes, tout pareil. C’est bien ça ? – Ça n’a rien à voir, tu es conne ou quoi ? »
La famille 100% pur beurre : papa, maman, leurs sept enfants. Maman touche une allocation pour personnes handicapées obtenue avec des documents falsifiés, Papa est au RSA. Mais avec les allocations familiales et le logement social, ça va. Ils ne roulent pas sur l’or mais ça va. En revanche, les arabes, ils n’en veulent pas : ils volent les allocations des Français ; qu’ils se barrent toucher les allocations de leur pays arabe à eux. Ce n’est pas eux qui les ont fourrés sur le canoë-kayak, merde !
Le Français du Texas, bien intégré, bien acclimaté à son nouvel environnement, qui s’est fait beaucoup d’argent. Une visioconférence, le jour de l’élection de Donald Trump à la présidence. On attend l’arrivée des participants. Pour patienter, une jeune personne lui demande : « Pas trop chamboulé par les résultats de l’élection ? » Réponse de notre Français texan : « C’est extraordinaire : pour les Français, en Amérique, il n’y aurait que des femmes et des nègres. »
Le chasseur homophobe mais sympa, qui, de temps en temps, offre au retour de chasse une volaille au couple homosexuel du village. Jamais il ne rentre chez eux. Il reste sur le perron et leur tend la volaille. Faudrait tout de même pas qu’on le prenne pour un PD. Il veut bien être sympa mais faut quand même pas pousser.
L’Égyptien, peintre en bâtiment à Paris, qui travaille grâce à un permis de travail. Lors de son dernier renouvellement, on lui a demandé de prendre des cours de français. Il râle. « Je trouve ça bien. Puisque tu vis ici, cela ne pourra que t’être utile. – Oui, mais toi, on ne t’oblige pas à prendre des cours d’arabe. »
Le villageois du village d’à-côté, qui insulte le Parisien, installé ici depuis deux ans pleins – cela pourrait faire dix ans, cela ne changerait rien, il restera toujours le Parisien. « Rentre chez toi, casse-toi. – Techniquement, je suis plus chez moi ici que toi. »
Le couple à vélo, tendance Affreux sale et méchant, qui insulte un petit jeune au feu rouge, réfugié trois mètres plus loin. Un florilège de mots étonnamment choisis. Que se passe-t-il ? Le mignon aurait-il tué quelqu’un ? « Il m’a coupé la route, m’explique la femme. Mais je ne me laisse pas faire. On va l’enculer, ce connard. Hein, connard ! »
Mais on a aussi, le propriétaire immobilier qui t’explique qu’on ne loue jamais un appartement à un juif ou à un arabe ; ou la bonne copine, qui reçoit ses amies célibataires et à la recherche d’un boulot, et qui leur explique que, le lendemain, elle rend visite à un copain, le pauvre type, vraiment pas de chance dans la vie, il est célibataire et il n’a pas de boulot.
La bêtise ne sévit pas que chez nous, mais c’est la seule que je côtoie de près. Et encore, j’en ai oublié. On a aussi, les types qui te coupent la priorité devant les portes du métro pour s’assoir en premier, ceux qui sifflent les jambes de femmes dénudés, ceux qui ont toujours raison, qui ont des avis sur tout, qui ne savent pas s’excuser, pour qui le mot courtoisie équivaut au mot pédale, ceux qui se suffisent de la paresse intellectuelle etc. etc. Vous pouvez compléter, si vous voulez.









