Rêve de printemps

La nuit fut bonne mais le rêve étrange. J’étais sur une île, un mélange entre Formentera et ce que j’imagine être la Costa Brava, quelque chose comme Formentera en moins bien. J’étais donc sur une île que nous appellerons Formentera même si ce n’est pas le cas.

Formentera donc. J’y croisais E. sans sa moitié. Le visage de N. glissa dans mon champ de vision sans s’y imprimer, à la différence de E., oniriquement bien réel, qui m’accompagnait à travers les rue piétonnes et me guidait. Le couple était guide touristique haut de gamme et faisait l’objet d’une couverture de presse conséquente. Un des articles était attendu dans les prochains jours. J’avais croisé son auteur, journaliste de l’engeance bougonne des Parisiens revenus de tout, durant mon séjour. Il s’était plaint d’un service en deça de ses attentes, tout en reconnaissant sa mauvaise humeur. L’aveu fait, je n’avais pas porté plus d’attention à ses propos. J’étais donc des plus mal à l’aise quand E. se plaignit du retour de presse, acerbe et mauvais. Je lui en rappelai un autre, excellent, dans un magazine d’Air France. « Oui, mais tu sais bien qui l’a écrit, celui-là ne compte pas. »

En sortant du quartier piétons, on tombait sur la plage. À sa gauche, se trouvait une grotte dans laquelle nous nous retrouvâmes entre amis pour boire du spritz. Dans ma coupe, s’étaient retrouvées des fourmis. « Venez, mais venez ! » Mon cocktail était imbuvable, j’étais déçue. En douce, je regardais les verres immaculés de mes amis. Quelle malchance !

Nous sortîmes de la grotte. La plage était maintenant recouverte d’une pelouse d’algues vertes, dans laquelle nous nous enfoncions. Je ne me souviens plus de la raison, mais nous nous sommes attardés. Plus nous attendions, plus l’herbe poussait, plus il était difficile d’avancer. E. et N. avaient disparu, remplacés par deux autres garçons et par F., mon amie de voyage. Nous avons quitté la plage pour une quatre voies des abords de Tel Aviv. Notre avion décollait dans moins d’une heure. Nous trottinions sur les bas-cotés quand mes amis trouvèrent des bicyclettes. Il en manquait une. « Cours derrière », me dirent les garçons, et ils démarrèrent. F. roulait au pas à mes côtés. « Regarde, me dit-elle sur le rond-point. Ils se sont trompés de direction. » Je n’ai pas osé la contredire. Je ruminais : « Au vu de sa forme athlétique, ne pouvait-il pas me laisser sa bécane ? Il sait bien que je ne peux pas courir. Ce sont les filles qui marchent et les garçons qui pédalent. À ce rythme, il se pourrait bien que tout le monde loupe son avion. En voilà des garçons ! »

Au réveil, j’avais oublié le rêve. J’étais enfoncée dans un demi-sommeil, le corps de plomb et les paupières scellées. Pourquoi se presser ? C’est dimanche, tu peux en profiter, et tu n’as rien de mieux à faire : comme dimanche dernier, tu es enfermée.

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