Comment vivre en poète ?

Dès la préface, CharlÉlie Couture nous prévient :

Vivre en poète n’est pas un choix. Non, on ne se réveille pas un beau matin inspiré par une fée, qui vous aurait soufflé à l’oreille un conseil comme un chef de service qui vous fixe un objectif, genre : « Aujourd’hui, tu seras poète. »

Dans le pot-pourri poétique Comment vivre en poète, 300 questions au lecteur et à celui qui écrit d’Eric Poindron, on y trouve,

des questions sans réponses auxquelles on souhaite répondre quand même,

Quelle est la question que vous souhaiteriez poser au poète ?
=> Comment vivre au monde ?

Quel télégramme écririez-vous à un poète admiré ?
=> Vous m’avez manqué.

Que vous manque-t-il pour vivre en poète ?
=> L’insouciance.

des questions que l’on devrait se poser tous les jours,

Comment, et pourquoi, un éditeur ou un imprimeur peuvent-ils devenir des « ACTEURS » poétiques ?

Comment peut-on concilier une « carrière professionnelle » et une « PRISE DE RISQUE en poésie » ?

Qu’avez-vous vu – ou lu – de « poétique » aujourd’hui ?

des questions d’une vie,

Quelle est ou sera votre aventure ?

Où se cache, où se découvre, votre extase ?

Qui écrira pour vous quand vous n’écrirez plus ?

des réponses à d’inexistantes questions que l’on s’amuse à inventer,

Je n’ai aucune espèce d’idée de ce que peut être la poésie. Est-ce une raison suffisante pour ne pas vivre en poéte ?
=> Comment s’imaginer poète dans une société sans poésie ?

on y croise des empreintes de poètes que l’on connaît,

Le poète marche le matin dans les villes ou les villages. Le poète est un souci pour son entourage. L’entourage ; qui l’assiste ou le protège. Ou qui ne comprend pas. Ou s’en méfie. Souvent, le poète refuse les contraignes. Quelquefois il s’en accomode.

Je n’aime pas les poètes-peut-être qui poétisent et prophétisent. Et intriguent dans les réunions de poètes.

et on s’y croise soi-même,

Lorsqu’il fait la sieste, il croit qu’il travaille. Quand il annote, il croit qu’il travaille.

on y croise même des poèmes,

Ici, ça se passe bien. C’est calme, entre les nuages & les trains, les mots dans un cahier et le petit pas des lettres, les phrases qui sautillent et les chuchotements d’été.

Comment vivre en poète se lit d’une traite ou par morceau, un livre que l’on pose sur une table basse ou près de son lit, pour le feuilleter de temps à autre, si possible le matin, à la recherche de l’inspiration du jour. On y trouve ce que l’on cherche, comme la fabuleuse histoire du perroquet poète et le très beau poème de Jérôme Leroy :

Vivre en poète

c’est se réveiller toujours au même endroit

même si ce n’est pas le même endroit

même si ce n’est pas la même heure

Pour moi c’est dans un petite maison de Milos

Au moment du matin profond

par une journée de vent dans les arbres

Celle que j’aime dort encore

je suis sur la terrasse dans le calme des coqs

je bois du thé noir

et je lis mon vieil exemplaire à dix francs

des Illuminations.

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