Les flaques d’eau

Ils s’étaient rencontrés quinze jours auparavant et leur idylle n’avait duré qu’un week-end ; elle habitait Paris, il habitait Amsterdam. Deux semaines plus tard, ils se retrouvaient sous un ciel normand tacheté de pluie.

Nous avions laissé passer l’orage au coin d’un feu de cheminée, puis, la pluie cessant, nous avons décidé d’affronter la nuit. La route reflétait le ciel et nous pataugions dans l’obscurité. Ils se sont arrêtés devant une flaque d’eau gigantesque. Ils se sont regardés, du défi plein les yeux. Elle s’est mise à rire.  Il  lui  a pris la main,  elle a commencé à compter : « one… two…  three… » et ils ont sauté, à pieds joints dans l’obscurité. Sans le savoir, ils avaient inventé un jeu : le gagnant serait le plus mouillé. Flaque après flaque, ils sautaient toujours plus fort, main dans la main et hilares, trempés et heureux.

Nous sommes rentrés à la maison. Elle est allée prendre une serviette. Riant toujours, ils s’essuyaient les cheveux devant les braises. Je les trouvais magnifiques.

 

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