En attendant les hirondelles

Ce matin, j’ai pensé à toi.

Je suis sortie hier soir et je suis rentrée tard. J’imagine que l’heure du levée ne me convenait pas, car j’ai éteint le réveil. Je me suis réveillée à neuf heures de fort bonne humeur. J’avais passé une bonne soirée.

Tu me diras que cela n’a rien à voir avec toi mais lorsque j’ai tiré les rideaux, pour la première fois depuis des semaines, le soleil brillait dans un ciel bleu layette et les toits gris argent scintillaient comme des applaudissements. C’était magnifique, cette lumière. J’avais cru un temps qu’elle ne reviendrait plus, qu’elle avait choisi de fuir Paris pour ne plus revenir et que nous resterions englués dans un hiver éternel de pluie et de neige, et voilà qu’elle réapparaissait un beau jour de février. J’ai ouvert la fenêtre ; il faisait doux. J’ai fait le tour de l’appartement et je les ai toutes ouvertes, les unes après les autres. J’avais oublié les frimas de l’hiver.

Dehors, la température m’a semblé encore plus douce et les couleurs encore plus belles. Dans moins de cinq semaines, ce serait le printemps.

J’ai descendu la rue de Rivoli à vélo. Comme toujours, elle était congestionnée. Je me suis dit, c’est comme à New York, il y a des travaux partout comme à New York, et comparer Paris et New York m’a mis d’encore meilleure humeur. J’avais une pêche du tonnerre, malgré le manque de sommeil et la gueule de bois. Nous étions vendredi. Dans quelques heures, je rejoindrais des amis pour dîner, puis je partirais en week-end, le printemps n’allait plus tarder, et avec lui, les apéritifs en terrasse, les siestes au soleil, les parcs, la saison des barbecues, les nouvelles garde-robes, les festivals de musique et les lunettes de soleil. La rechute des températures et les jours de pluie à venir n’y feraient rien : l’hiver était en train de finir.

C’était un temps à tomber amoureux, un temps à se dire, j’ai envie de tomber amoureux.

Alors j’ai pensé à toi.

Je ne sais pas où tu vis, ni dans quelle partie du monde te trouvera ce mail, mais si jamais tu repasses à Paris rappelle-moi. J’ai tant de choses à te raconter qui ne souffrent ni le téléphone ni l’informatique, des choses qui ne se chuchotent que les yeux dans les yeux. Et des projets, aussi.

Je t’embrasse.

Aurélia

© Marc Gantier

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