Rêverie platonicienne
Il était 6h30 et je me réveillais comme une fleur après une courte nuit. Le soleil tapait à la fenêtre. J’ai enfourché mon vélo et je suis partie.
J’écoutais son album avec la fierté des privilégiés. Il était tout ce que j’avais imaginé : sensible, créatif, attentionné. Des bribes de soirée me revenaient par vagues : la lecture à haute voix d’une Causerie, la visualisation de ses nouveaux clips, des conversations, des gestes, des touchers, mes méchancetés. J’ai repensé à R., cet octogénaire puissant qui manœuvrait d’une main de maître son yacht dans le port de Marseille. Il nous avait donné la recette de sa bonne santé : ne pas fumer, boire avec modération et être amoureux. Je me suis également souvenue de C. qui à quelques jours de la rencontre avec celui qui deviendra son mari me disait, je ne dors plus, je ne mange plus, je n’ai jamais été aussi heureuse.
Alors que nous étions encore enfermés dans nos appartements, je me plaignais de l’absence de rencontres spontanées et de cœur qui bat. Quelques jours plus tard, sur l’une des premières terrasses du nouveau monde, je le rencontrais. Il m’envoyait en exclusivité le lien de son nouvel album et je me découvrais une nouvelle passion pour les rappeurs.
Après des mois d’hibernation, je renaissais à la vie.
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